1. Contexte.


"[...] De la Bête tuée par Jean Chastel, il ne reste rien. Elle tomba bientôt dans l'oubli. Le temps passa. Puis des historiens découvrirent des documents la concernant. Ils les publièrent. De plus en plus de personnes s’intéressèrent à cette histoire, de plus en plus de textes furent édités. Alors commencèrent à s'échafauder des hypothèses sur ce qu'avait bien pu être la Bête du Gévaudan. Et c'est ainsi, qu'à partir d'une histoire vraie, de nombreuses explications de ce mystère ont été émises. La Bête du Gévaudan est entrée dans la légende. [...]" d'après François Fabre - LA BÊTE DU GEVAUDAN édition completée par Jean Richard (2006)

INTRODUCTION

D'après Michel Louis - LA BÊTE DU GEVAUDAN (2003).

"Durant le printemps 1764, une bête mystérieuse, différente des loups selon les paysans, paraît aux confins du Vivarais et du Gévaudan, tuant et dévorant les enfants et les femmes. Des groupes de chasseurs se constituent, mais leurs efforts s'avèrent vains.
  Les autorités dépêchent sur le terrain un régiment de dragons, puis le plus grand louvetier de France. Pendant des mois, les uns et les autres vont multiplier les tentatives pour venir à bout du redoutable animal, dont les ravages et la hardiesse s'amplifient. Malgré des moyens énormes, des battues gigantesques, ils échouent. […]
  Après une période d'errances continuelles aux quatre coins du Gévaudan, la Bête se fixe dans la région du mont Mouchet.
  Le roi Louis XV, qui a promis une véritable fortune à qui tuerait la Bête, envoie en Gévaudan son propre lieutenant des chasses. Après trois mois d'échec, celui-ci tue le 21 septembre 1765 un très grand loup qu'il tient pour la Bête. De fait, les crimes cessent.
  Mais deux mois et demi plus tard, tout recommence !
  Ne voulant pas remettre en question la victoire des chasseurs du roi, Versailles se désintéresse désormais du Gévaudan. Un jeune seigneur du pays prend la chasse à sa charge. Mais durant dix-huit mois il n'obtient aucun résultat, tandis que la Bête rode toujours et tue.
  … Jusqu'au 19 juin 1767 où un vieux paysan, Jean Chastel, l'abat d'une seule balle au pied du mont Mouchet. [...]".


1767-2017: 250 ans 
"On entre en ces temps où la lumière ne s'aventure plus qu'à peine"



16/11/2013
D'après l'abbé Pourcher - HISTOIRE DE LA BÊTE DU GEVAUDAN VERITABLE FLEAU DE DIEU (2006).

"[…] A l'époque de l'apparition de la Bête, la France était divisée en trente-trois provinces et la province était divisée en diocèses. Chaque province avait un intendant chargé de la direction et de l'administration de la justice, de la police et des finances; un commandant général des troupes. Ils avaient l'un et l'autre des rapports directs avec le ministre d'Etat du royaume et avec le contrôleur général des finances, ou directement avec le roi.
  Chaque province était subdivisée en diocèses, qui avaient chacun un évêque et un syndic.
  Le Gévaudan appartenait à la province du Languedoc, dont l'intendant et le commandant des troupes étaient à Montpellier; mais pour la justice, il dépendait principalement du parlement de Toulouse, une petite partie dépendait de la cour de Riom et du parlement de Paris. [...]
Les années 1748, 1749 et 1750 avaient rendu par leur stérilité le Gévaudan extrêmement misérable. La disette y fut si grande qu'environ 15000 quintaux de blé envoyés de Lunel par l'intendant du Languedoc y suffirent à peine deux mois à la subsistance des habitants; et quoique livrés à un cinquième de perte, ils y furent vendus sur les marchés environ deux fois au-dessus de leur prix ordinaire. Il y eut très peu de châtaignes dans les Cévennes. Les voies de communication faisaient défaut. Les habitants pour se procurer du pain furent obligés de vendre à vil prix leurs bestiaux, de dégrader leurs bois et d'épuiser en un mot toutes leurs ressources. Il y'eut une si terrifiante famine, qu'on en raconte encore des navrantes péripéties. Dans les commencements de l'année 1751, une épidémie des bêtes à laine fut telle qu'elle passa dans les contrées voisines pour une perte générale.
  Comme à cette époque les étoffes étaient le principal commerce du Gévaudan, il s'en suivit que la matière première manquant, par force il fallut la chercher ailleurs. Mais soit à cause des prix exorbitants, qui emmènent des fraudes, soit les mauvaises qualités des laines qu'on introduisit dans le pays, les étoffes du Gévaudan furent un peu dépréciées; et les marchands, qui y venaient s'approvisionner, cherchèrent ailleurs d'aussi bonnes qualités et dans des contrées de meilleure communication.
  Mgr de Choiseul, toujours occupé du bien de son diocèse, avait compris pendant les années de famine la nécessité des voies de communication et que ce n'était que par ce moyen qu'il pouvait tirer son pays de la misère; il fit son possible pour rendre son diocèse accessible par des routes praticables à toutes sortes de voitures.
  Il commença d'abord à faire élargir les chemins d'anciennes constructions, adoucir les pentes, et construire des ponts. Par là il les rendit moins difficiles et plus commodes. Il s'occupa ensuite à établir une communication libre et praticable aux voitures avec les provinces du Languedoc et de l'Auvergne d'où on pouvait tirer le secours dans un cas de nécessité. Il fit établir une route par le Pompidou pour que Mende et Marvejols en passant par Florac pussent communiquer avec (nom illisible), etc.
  Il fit ouvrir une grande route de Mende jusqu'à la frontière du Rouergues. La grande route d'Auvergne par Saint-Flour fut rendue libre et commode par la nouvelle construction de la côté de Chaldecoste près de Mende et par les autres ouvrages construits à neuf le long de cette route à Rieutort, Saint-Amans, Serverette, Saint-Chély et La Garde, extrémité du diocèse. La route du Velay, et de Lyon fut rendue commode et facile aux étrangers pour se rendre aux eaux de Bagnols.
[…] 
  Mgr de Choiseul prit tous les moyens pour favoriser l'élèvement des bestiaux sur la montagne et à rétablir le commerce des étoffes. De sorte qu'en 1760 il se vendit en Gévaudan 86225 pièces d'étoffe d'une valeur de 1998872 livres 10 sols; en 1761, 95813 pièces valant 2174529 livres  10 sols; en 1762, 99238 pièces valant 2262795 livres, etc.
[…] 
  En 1764, Saugues et les communes qui en forment aujourd'hui le canton faisaient partie du diocèse de Mende. La province du Gévaudan descendait jusqu'au fond de la commune de Cubelles et avait la paroisse de La Besseyre Saint-Mary. [...]".

Références ◄
François Fabre - LA BÊTE DU GEVAUDAN édition completée par Jean Richard (2006)
Compléments iconographiques, historiques et bibliographiques par Jean Richard
p.157, p.158

Michel Louis - LA BÊTE DU GEVAUDAN (2003)
p.9

Abbé Pourcher - LA BÊTE DU GEVAUDAN VERITABLE FLEAU DE DIEU (2006)
p.13, p.14