mardi 13 septembre 2016

Aux racines de la peur du loup en France.

"Pourquoi cet animal si craintif fait-il l’objet de tant de rumeurs ? Les disciplines scientifiques comme la biologie, l’histoire et l’ethnologie permettent de comprendre comment cette représentation collective s’est forgée au fil du temps.

Le loup européen pèse entre 30 et 50 kg pour une hauteur de 60 à 90 cm environ. Son pelage est un mélange de blanc, de brun et de noir et sa gueule possède une sorte de masque blanc. L’animal se nourrit essentiellement de gibiers, de poissons et parfois d'oiseaux et de baies.

Exterminé en France au début du XXe siècle, le loup réapparaît à la fin du même siècle dans le Parc national du Mercantour (Alpes-Maritimes). En partant des Apennins d’Italie, il remonte naturellement jusque dans les Vosges où les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage relèvent sa présence en 2010. 

Des clichés sont alors pris grâce à des appareils photo à détection de mouvements dans les stations de ski de Ventron et de la Bresse. Craignant la panique générale, les gardes ne divulguent les photos qu’un an plus tard à la rédaction du journal régional Le Républicain lorrain.

Inquiets pour la sécurité de leurs troupeaux parqués sans protection, les éleveurs crient leur mécontentement. Ils organisent des soirées "antiloups" et projettent des montages-vidéos pour réveiller la peur ancestrale.

Pourtant, dans les grottes préhistoriques, des peintures montrent l’homme chassant à côté de canis lupus. En l’apprivoisant, l’humain l’a transformé en fidèle compagnon, le chien. Des ossements de l’animal retrouvés dans certains tombeaux attestent de cette proximité. [...]".


Relevé de peinture polychrome de loup dans la grotte de Font-de-Gaume réalisé par Henri Breuil.

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jeudi 18 août 2016

Succès pour la conférence sur la Bête du Gévaudan.

"La conférence sur la bête du Gévaudan, proposée par la médiathèque, a réuni un public nombreux à la salle d'animation au cours de ce mois d'août.

Ancien professeur de physique à Montpellier, passionné d'occitan et de sport, écrivain de nombreux ouvrages, le conférencier Henri Turlan, originaire de Campuac, s'est penché sur l'histoire de la bête du Gévaudan. Une passion qui remonte aux années 1950.

Histoire ou légende… il a cherché à connaître la réalité sur cette sombre période qui s'est déroulée dans les années 1764 à 1767, faisant de 90 à 120 victimes. Des écrits et des légendes autour de cette histoire ont été nombreux, très nombreux. 

Le conférencier a essayé, tout au long de la soirée, d'expliquer ses recherches et ses analyses : les victimes, les battues organisées, la zone… Ce n'est pas "la bête", ni "un loup", mais "des loups", dira-t-il !

Une conclusion qui n'a certainement pas convaincu une partie du public qui s'est montré plutôt… sceptique. Les amoureux du loup ont fait remarquer que le loup n'attaque pas l'homme, que le loup vit aujourd'hui en liberté et qu'il n'y a pas de victime humaine…

Eh oui, la bête du Gévaudan restera certainement encore longtemps une… légende ! ".




Références de l'article : La Dépêche.

vendredi 17 juin 2016

L’histoire de la Bête du Gévaudan traverse le temps et les légendes.

"La Bête du Gévaudan, qui a sévi au XVIIIe siècle entre Mende et le Mont-Mouchet, aurait fait plus d’une centaine des victimes avant d’être abattue, d’un coup de fusil, par Jean-Chastel dans la nuit du 19 juin 1767, sur la commune de La-Besseyre-Sainte-Mary.

Pendant trois ans, le fait divers avait fait le bonheur des gazettes sans pour autant être complètement expliqué. Jusqu’à nos jours, les agissements de cet animal, devenu presque mythique, sont restés plus ou moins mystérieux. Animée par la curiosité et le désir de comprendre, la passion qu’il suscite demeure vive. On peut s’en convaincre en visitant, à Saugues, le musée fantastique de la Bête du Gévaudan où le souvenir de ses méfaits est entretenu.

Emballé par cette histoire, transmise d’une génération à l’autre, Lucien Gires, peintre et sculpteur renommé, a décidé, en 1988, de construire ce musée. "Avec l’aide précieuse de Jean Richard, féru d’histoire et passionné par la Bête, ils ont rassemblé le plus grand nombre de documents et témoignages", se souvient Blandine Gires, la fille de l’artiste. Le contexte et les différents actes du fait divers se devaient d’être au plus proche d’une réalité historique. Grâce au legs d’un Saugain installé dans la région lyonnaise, une maison a été achetée au pied de la Tour des Anglais, que Lucien Gires venait de restaurer. [...]".




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samedi 16 avril 2016

Le réveil de la Bête du Gévaudan: 250 ans après… Jean-Claude Bourret fait basculer la légende dans la réalité !

"Comment notre célèbre journaliste, mordu au cœur par son amour pour son pays d'origine, la Lozère, aurait-il pu échapper aux ravages de la passion que suscite la légendaire Bête du Gévaudan ? Ce mystère qui l'a bercé depuis son enfance langonaise représente aujourd'hui peut-être sa plus grande enquête d'investigation. Après plus d'un quart de siècle passé dans les traces de cette bête, il en a concrétisé les contours physiques. Et voici le mythe redevenu réalité, dans toute son horrible magnificence ! Nous avons recueilli les premières paroles de l'homme qui a fouillé l'ombre de l'histoire pour recréer la bête…

Comment cette aventure de la Bête grandeur nature est-elle née ?
J-C. B: Je travaille depuis trente ans sur les archives de la Bête… À force de lire les rapports de l’époque, je la visualise parfaitement… Mais encore fallait-il concrétiser cette image parvenue jusqu’à nous… C’est grâce à un industriel, M. Gilbertas, que j’ai pu finaliser ce rêve: reconstituer au millimètre près la Bête du Gévaudan, avec ses couleurs, parfaitement décrites par des dizaines de témoins… [...]".




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jeudi 4 février 2016

Découverte d'un document aux archives départementales de la Haute-Loire.


Le document découvert aux archives départementales de la Haute-Loire.

Le mercredi 4 février, j’ai découvert au sein des archives départementales de la Haute-Loire un document inédit et encore inconnu à ce jour qui prouve sans aucune contestation possible que la Bête sévissait bien avant la date officielle de la mort de Jeanne Boulet au mois de juin 1764. Ce document est une lettre écrite de la main du curé de Saint-Laurent-les-Bains, adressée à monsieur De Lacoste. 
Cette découverte entraîne donc une certaine révolution dans l’ordre chronologique établi depuis l’époque des faits, puisqu'elle inclut au moins six mois supplémentaires à l’histoire de la Bête. Il est par ailleurs tout à fait intéressant de remarquer que l'animal en question ne semblait pas inconnu puisqu'on le désignait déjà en des termes bien particuliers !
Voici ci-dessous la retranscription adaptée de ce document historique.

"Monsieur,
J’ai bien reçu celle dont vous m’avez bien voulu honorer par laquelle vous me marquez que la bête féroce approche de vos cantons, mes paroissiens sont tous portés à lui faire la chasse si elle vient à Saint-Laurent, soyez persuadé de mon exactitude à vous en avertir, quand la chose ne serait si intéressante comme elle eut-il suffit monsieur que cela vous fit plaisir pour que je n’oubliasse rien pour me rendre à vos ordres, je voudrais avoir de meilleures occasions à vous témoigner le respectueux attachement avec lequel j’ai l’honneur d’être,
Monsieur
Votre très humble et très obéissant serviteur.
V. Valette
Saint-Laurent les Bains ce 8ème janvier 1764".

samedi 30 janvier 2016

Note sur la chasse du 19 juin 1767.


Le château de la Garde, en Lozère.

"Il y’avait, dans la demeure familiale, au second étage, une pièce remarquable de par ses allées d’innombrables étagères sur lesquelles on avait entreposé, notamment, de gros coffres sombres. Cette pièce, autrefois verrouillée de quatre serrures pour une raison que j’ignore, servait aujourd’hui à l’entrepôt des archives historiques du domaine. 
Par chance, on ne devait pas mesurer assez l’intensité de ma curiosité, aussi j’avais la ferme assurance de pouvoir passer ici de longues heures tranquilles.
Les coffres étaient tenus fermés par de simples attaches de ceinture. On découvrait d’abord, en les ouvrant, que les documents qu’ils contenaient avaient été soigneusement classés par ans et par siècles. A raison de deux heures par journées, je dû étaler mes recherches sur trois semaines, tant il y’avait de documents en conséquence. Je ne pu rien tirer de la plupart. [...]

"Le 20 Juin 1767
La chasse du 19 dernier fut une réussite. L’on entendra plus, du moins, parler de la Bête, et je me suis entendu féliciter par … d’avoir pu conduire une entreprise si miraculeuse.
… qui vint me rencontrer le 18 sur le soir, assure qu’une certaine forme de sagesse est née désormais dans le cœur et l’esprit de … . Ces deux personnes ne m’inspirent pourtant guère confiance; quoique … soit instruit de l’Ordre Souverain. J’ai recueilli son éminent témoignage, d’ailleurs, que j’adresserai à M. lmdM.
… avait en outre un fort tempérament, et une face bien sombre; nul doutes cependant que sa volonté, si elle servit de mécanique diabolique autrefois, permit hier d’assurer une fin définitive et salutaire aux événements."".

mardi 26 janvier 2016

Le loup au temps de la Bête du Gévaudan.


"Le bon berger", un tableau peint par Pieter Brueghel le Jeune en 1616.

Le loup était, à l’époque de la Bête du Gévaudan, un animal fortement craint qu’il était déjà nécessaire d’éliminer tel un fléau. On en tuait, à ce titre, chaque année en France au 18ème siècle, une quantité considérable au nom seulement d’antiques superstitions et croyances bien ancrées dans les esprits des populations d’alors.
L’incidence à long terme de pareilles pratiques sur l'équilibre de l'écosystème, entre autre, importait bien peu aux autorités de l'époque, d’ailleurs, si l’on en croit la teneur de certaines de leurs directives qui assuraient une récompense financière à quiconque tuait un loup !
La peur viscérale et ancestrale de cet animal s’associe souvent - on peut le remarquer dans les divers documents historiques qui nous sont parvenus - à l’interprétation quelque peu erronée de certains de ses actes, dont son opportunisme nécrophage sur d’anciens champs de bataille parsemés de cadavres humains. Mais elle tire surtout ses racines dans la réputation "mythifiée" qui s’est répandue au Moyen-âge à son sujet, notamment, puis transmise de générations en générations.
Les habitants du Gévaudan, et plus particulièrement en raison de l’influence catholique omniprésente à cette époque du 18ème siècle, se méfiaient du loup autant que du Diable, à qui ils avaient voués progressivement, sans doutes, une image tout à fait similaire, c'est-à-dire celle de la noirceur absolue.
Dans ce contexte, l’apparition d’un animal aux dispositions mystérieusement anthropophages ne pouvait naturellement qu’entraîner une stigmatisation amplifiée du loup, et au moins en augmenter considérablement la crainte. 

dimanche 17 janvier 2016

Notre-Dame de Beaulieu, en Lozère.



Les vestiges de la chapelle Notre-Dame de Beaulieu, qui a accueillie selon la tradition orale un grand pèlerinage durant lequel Jean Chastel fit bénir son fusil et trois balles, en 1767, se trouvent dans les alentours du village de Paulhac-en-Margeride, en Lozère.
Henri Pourrat, dans son ouvrage "Histoire fidèle de la Bête en Gévaudan", écrit: "Il y'eut, - le souvenir en est resté - un grand mouvement de foi, d'espérance et d'amour. Le jour de la clôture fut jour de pèlerinage. Les paroisses allèrent en procession à la chapelle de N.D. d'Estours. Elle est assise sur une haute échine de roche, au voisinage du château de Besque, qui était celui du marquis d'Apchier. On dit que l'église de N.-D. du Puy et les chapelles de N.-D. d'Estours et de N.-D. de Beaulieu sont trois soeurs. C'est-à-dire qu'elles ont un air de famille. Rudes, gracieuses, toutes trois, tenant de la roche et de la fleur, comme la montagne, avec ses cheix de pierres sur les sommets d'herbe et ses fleurs de S. Jean, de S. Jacques, de S. Laurent, des autres saints de l'été, en rosaces rouges, roses, violettes dans le pâturage. [...]
Puis eut lieu un grand pèlerinage. Ce fut à N.-D. de Beaulieu, au pied du Mont-Chauvet et du Mont-Grand, dans ces étendues de gazon et de sagnes qui s'en vont vers le Mont-Mouchet. [...]
On vint donc au haut lieu, au bout de sa prairie. Les paroisses y étaient montées en procession encore, conduites par leurs curés. On chanta des cantiques, on fit brûler des cierges. [...]
Chanter d'une voix fausse l'Ave Maris stella, allumer ces cires de quelques liards, cela du moins les humains le peuvent. Dieu s'attend-il beaucoup plus de ses pauvres enfants ?
On était venu demander à Notre-Dame de délivrer enfin le pays de la Bête. On chantait. On priait. A l'offrande, Jen Chastel fit bénir son fusil. Il fit bénir aussi trois balles".

samedi 16 janvier 2016

Saint-Julien-Des-Chazes, en Haute-Loire.



C'est dans les alentours de cette commune que François Antoine, le 21 septembre 1765, abattit un gros loup qu'il fit ensuite passer pour la Bête du Gévaudan.
L’événement nous est rapporté ainsi par Henri Pourrat, dans son ouvrage "Histoire fidèle de la Bête en Gévaudan": "Enfin, ce même jour, 17 septembre,arrive de la louveterie du Roi le secours en chiens tant attendu. Dès le lendemain, 18, M. Antoine envoie des limiers, un valet,trois ou quatre gardes reconnaître les bois de l'abbaye Sainte-Marie des Chazes. Le 19, on revient l'avertir qu'on y a vu un gros loup, une louve, de forts louveteaux. Il part sur le champ, avec toute sa troupe, -c'est loin, et dans des quartiers sauvages, de l'autre côté de l'Allier, qu'on passe en bac. Le 20, au matin, les trois valets de limiers et le valet de chiens lui font rapport qu'ils ont détourné loup, louve et louveteaux dans le bois de Pommier.Il y va avec les gardes et quarante tireurs venus de Langeac; il le fait investir. Lui, Antoine, il se poste à vingt pas d'une plaine, sur la croisée de quatre sentiers. Puis les valets entrent dans le bois, et se mettent à le fouler -c'est leur mot, - à le battre avec leurs chiens.
Tout à coup à travers la feuille, M. Antoine croit voir venir une âme ou un muleton. A cinquante pas, il reconnaît un loup énorme, qui s'est arrêté, caché par le branchage et tourne la tête pour le regarder. Aussitôt il lui tire dessus, de sa canardière, et la charge de poudre est si forte que le recul l'envoie au sol.
Mais le loup est tombé. M. Antoine siffle sa fanfare et crie hallali. Tournoyant, -la balle, entrée par l’œil droit,est allée fracasser la nuque, -mordant et secouant les mousses, la terre, l'animal arrive à dix pas. M. Antoine n'a pu recharger sa canardière que de poudre. Il l'empoigne par le canon. Il a planté en terre près de lui son couteau de chasse. Cependant, Rinchard,à un cri d'appel, est accouru. Il tire un coup de carabine dans le derrière du loup, qui s'enfuit en plaine et à trente pas de là tombe mort".